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« Ils s’adaptent difficilement aux évolutions des technologies et au marché du travail, ils sont peu mobiles, peu flexibles et moins rentables… » : Les seniors font l’objet de préjugés sur leur lieu de travail, ce qui conduit parfois à les écarter de l’emploi.

Alors que l’âge de départ à la retraite ne cesse de reculer, les différentes mesures d’incitation au départ anticipé contribuent à rapprocher les seniors de ce passage important où le salarié se retire de la vie active.

Il ne faut pas oublier qu’à partir de 45 ans, les salariés sont considérés comme étant seniors dans leur entreprise.

 

« La France, mauvaise élève ? »

En France, le départ anticipé des séniors a longtemps été justifié par le souhait de libérer des postes pour permettre aux jeunes de moins de 25 ans d’intégrer le marché de l’emploi.

Or, les pays européens qui emploient le plus de seniors cumulent aussi de meilleures performances en matière de travail des jeunes. La Suède par exemple affiche un taux d’emploi de 70% pour les seniors et de 42% pour les moins de 25 ans.

Un sondage Harris Interactive réalisé en juin 2013 tendait à prouver que seulement 15% des Français jugeaient que l’emploi des seniors des plus de 50 ans pouvait nuire à celui des jeunes, et que moins d’un Français sur dix estimait qu’une entreprise sans seniors serait plus conviviale, plus productive et plus compétente qu’une autre entreprise avec des seniors.

Cette idée est à nouveau infondée puisqu’une étude de sociologues Français a démontré que la productivité était en augmentation jusqu’à l’âge de 40 ans et se maintenait ensuite pour décroître juste avant la retraite.

 

Et pourtant « L’expérience est probablement l’atout des seniors » 

La plupart des employeurs considèrent que l’expérience, le savoir-faire et la conscience professionnelle des seniors sont des atouts. Leur maintien dans l’emploi peut parfois même être une nécessité dans certains secteurs afin d’éviter une perte de compétences qui peut être préjudiciable à la compétitivité de l’entreprise.

La coopération et la cohabitation entre le senior et le junior permettent la transmission de savoirs et participent au dynamisme de l’entreprise : préservation de compétences clés, meilleure intégration des jeunes, valorisation de l’expérience du senior, prolongation de son activité en favorisant son évolution professionnelle…

 

« Les seniors veulent continuer à évoluer professionnellement »

Une très large majorité des seniors se dit satisfaite de son travail actuel. Ils recherchent avant tout du plaisir, du bien-être, et s’estiment majoritairement satisfaits du poste qu’ils occupent (observatoire CEGIOS). Ils aspirent avant tout au bien-être et à l’épanouissement, plutôt qu’à une rémunération plus importante. Par ailleurs, la reconnaissance de leur travail leur semble essentielle, ainsi que la possibilité d’évoluer professionnellement, même en étant proche de la retraite.

Alors que le travail des seniors manque souvent de reconnaissance (absence de promotion, de changement de poste ou de nouveaux objectifs), les DRH envisagent les choses différemment et attendent avant tout des plus anciens, qu’ils transmettent leurs compétences et conseillent les plus jeunes.

 

« Maintenir les seniors dans l’emploi »

L’économiste Najat El MEKKAOUI a indiqué lors d’une conférence : « Quand on parle de politique de fin de carrière, c’est affreux ; on a l’impression qu’on parle de politique de fin de vie »

L’emploi du senior fait partie des priorités des gouvernements successifs en matière de lutte contre le chômage. C’est pourquoi certains dispositifs ont déjà été mis en place en France, comme :

  • Des accords et plans d’action pour les Seniors ayant pour but de favoriser l’embauche ou le maintien en activité des salariés âgés. Ceux-ci doivent s’axer autour de plusieurs thématiques comme le recrutement des salariés âgés en entreprise, l’amélioration des conditions de travail et la prévention de la pénibilité, l’aménagement des fins de carrière….
  • L’adaptation des postes de travail afin d’éviter les troubles musculo-squelettiques, le développement de la polyvalence pour réduire la répétitivité des tâches et prévenir les accidents du travail qui, s’ils sont moins fréquents chez les seniors, ont souvent des conséquences plus lourdes pour leur santé,
  • La préparation à la fin de carrière,
  • Le contrat de génération qui va voir ses primes doublées et qui suscite de fortes attentes chez les seniors, car en plus de leur trouver des solutions, il offre des perspectives d’avenir à leurs enfants et petits-enfants,
  • Le développement du tutorat, qui offre un temps précieux pour l’accompagnement et la formation des jeunes recrues.

D’autres, comme la rénovation du contrat de professionnalisation « sénior » ; sont en cours de discussion au sein du gouvernement.

 

« La retraite, signe de liberté ? »

Les seniors sont farouchement opposés à l’allongement de l’âge du départ à la retraite, et seulement un quart d’entre eux envisage de poursuivre une activité professionnelle pendant la retraite. Beaucoup appréhendent la baisse de revenu mais la retraite est avant tout « synonyme de liberté, de renouveau, de joie, de sérénité ».

Seulement 11% d’entre eux se déclarent inquiets (observatoire CEGOS), quand ils ont la chance d’être encore actif, car dans un contexte où les gouvernements successifs peinent à trouver des solutions pour faire baisser la courbe du chômage, c’est la catégorie des salariés de plus de 50 ans qui est la plus touchée.

 

Source : Aubert P. et B. Crépon 2004, bip.cci-paris-idf.fr, DARES, l’express.fr

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2 commentaires sur « Je suis sénior, et alors? »

  1. Bravo pour cet article très complet et aux ressources trouvées très pertinentes. « Je suis sénior et alors ? » rappelle tous les enjeux de la place des « séniors » dans le monde du travail. On pourrait aussi s’interroger de la place des « juniors  » et d’ailleurs les générations « Y » et « Baby Boomer » n’éprouvent-elles pas les mêmes difficultés à devenir ou à rester parties prenantes du monde du travail? Pour ces deux générations, les chiffres sont alarmants malgré les dispositions législatives prises, comme vous le rappelez très justement pour les séniors: on reproche aux uns d’être trop connectés sur leurs écrans dans un monde virtuel et aux autres d’être déconnectés devant l’évolution de la technologie. Encore bravo pour ce focus sur ce sujet sensible qu’est la place les séniors dans le monde de l’entreprise. L’avis éclairé d’un génération « X » pourrait certainement amener la discussion, la contradiction. N’est-ce pas Charly?

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    1. Merci pour cet article. La place des séniors dans l’entreprise est en effet une question importante pour les DRH. Pour autant, il s’agit, il me semble, d’une problématique plus large que la seule question de l’emploi : Quelle place pour les séniors dans la société actuelle ? A bien regarder la pyramide des âges de la France en 2014, nous n’avons pas fini de faire le tour du sujet….
      Si nous revenons à celui qui nous préoccupe, de sujet, nous pouvons espérer qu’à l’image de certains courageux, les séniors pourront profiter de la formation continue pour évoluer ou s’adapter à ce monde en perpétuel mouvement….

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