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Dans la société indienne, la femme est traditionnellement discriminée et exclue des décisions politiques et familiales. Sa parole est rarement prise en compte et ses droits sont limités, et ce malgré la charge considérable de travail qu’elle doit fournir quotidiennement pour faire vivre sa famille.
Au lieu d’aller à l’école, les filles se voient souvent obligées de travailler pour aider leurs familles, et ce dès leur plus jeune âge. Plus inquiétant encore,  25% des femmes se marient avant l’âge de 15 ans, bien souvent contre leur gré. Les conséquences sont lourdes, notamment sur la santé, et leur situation précaire les empêchent souvent de pouvoir recourir aux soins de santé appropriés. Les mauvais traitements, la violence et l’exploitation sont aussi le quotidien de nombreuses femmes indiennes.

Pourtant, ces dernières décennies, le statut de la femme en Inde s’est considérablement amélioré. De plus en plus de femmes indiennes entrent dans la vie politique locale ou nationale, ainsi de 2007 à 2012 le pays a même été dirigé par une femme, Pratibha Patil, la première femme à exercer cette fonction depuis la création de la République indienne en 1950.
La société indienne reconnaît en effet de nombreux droits aux femmes, tels que l’engagement politique, le droit aux allocations familiales ou encore le droit de créer son entreprise. Néanmoins, dans les régions rurales, la pauvreté et le manque d’informations représentent un véritable frein à leur indépendance et à leur autonomisation. Les programmes de promotion des droits humains, d’alphabétisation ou encore de micro-finance sont donc essentiels pour redonner aux femmes indiennes la place qu’elles méritent, et leur ouvrir ainsi les portes d’un avenir meilleur.

Made in India ? Conditions de travail indécentes

A Arasur, aux abords de la «ville textile» de Coimbatore. Ici, 5 000 personnes sont employées. 90% sont des femmes.
L’entreprise est sous-traitante pour de grandes marques occidentales : Carrefour, Pimkie, Les 3 Suisses, Décathlon, Kiabi (groupe Auchan). Mais aussi Tesco, Walmart, Marks&Spencer. Récemment, trois nouveaux groupes d’importance – Gap, C&A et H&M – lui ont passé des précommandes . KPR double sa capacité de production tous les deux ou trois ans. Et ne se dédie qu’à l’export.

Promesses de dot. Les ouvrières, elles, ne ressortent pas. C’est le système «Sumangali» : 60 000 jeunes femmes en seraient victimes dans le seul Tamil Nadu. Sumangali signifie femme mariée, en hindi. Il y a dix ans, les industriels textiles ont eu cette idée de génie : proposer aux filles issues de zones rurales déshéritées et majoritairement illettrées de venir trimer pour eux. Pas indéfiniment. «Juste» trois ans. Avec la promesse de recevoir à la sortie entre 30 000 et 50 000 roupies (de 500 à 800 euros). De quoi payer leur dot, malgré l’interdiction de cette pratique il y a plus de cinquante ans.
Malgré les machines-outils assourdissantes, les filles portent rarement des bouchons d’oreille. Malgré les particules de coton qui flottent dans l’air surchauffé, elles laissent autour de leur cou le tissu censé leur servir de masque. Anémie, asthme, retards de puberté…

Ce pays ne connaît pas la question des ressources humaines, la pauvreté est telle que les indiens sont prêts à accepter tout pour survivre…

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3 commentaires sur « Le travail des femmes en INDE »

  1. Un voyage loin de notre métropole où les modèles sociaux et sociétaux sont bien différents de ceux décrits dans l’article. La question peut se poser des relations commerciales que nous pouvons y entretenir et le coût humain de celles-ci! On touche ici le champ de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises).

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  2. Bravo pour ce sujet original, délicat et bien traité. Bravo à nouveau pour la qualité et la pertinence de vos illustrations !
    Continuez !

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