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C’est un voyage en Thaïlande qui me permet aujourd’hui de vous éclairer un peu sur la politique du travail dans ce magnifique pays. Tout juste plus petit que la France qui compte 69 millions d’habitants et qui possède un découpage géographique qui est le fruit de nombreuses guerres au cours de l’histoire, la Thaïlande est un pays traditionnellement agricole, son économie est devenue la deuxième plus importante d’Asie du Sud grâce à une industrialisation forte au cours des 60 dernières années.

L’agriculture et la pêche ne représentent plus que 12% du PIB contre près de 45% pour le secteur industriel. Ce chiffre se maintient grâce à l’exportation de riz dans la capitale (1er rang mondial) et les productions maraîchères et fruitières dans le nord. Le secteur industriel a, quant à lui, profité de l’essor des grandes marques automobiles asiatiques pour se développer considérablement ces 20 dernières années, car même si aucune grande marque n’est installée dans le pays, d’autres extérieures comme Toyota ou General Motors ont installé des ateliers dans le pays. Mais pas seulement, car les transports, la communication, l’extraction minière, le textile et l’informatique ont eux aussi énormément profité de l’essor industriel. Néanmoins la Thaïlande ne fait plus partie des ateliers de confection privilégiés des grandes marques du globe puisque celles-ci ont préféré se tourner vers des pays aux salaires bien plus misérables tels que le Vietnam ou le Bangladesh.

Une politique de l’emploi très dynamique

Depuis le crash boursier de 1997, la Thaïlande a bien remonté la pente  et a connu un taux de croissance en augmentation constante de 5-6 % par an. Le chômage a considérablement baissé pour atteindre en 2013 un taux record de 0.68% pour une population active de 38 millions de personnes, ce qui peut rendre jaloux ses voisins d’Asie du Sud Est qui connaissent des taux bien supérieurs (6,9% pour les Philippines, 3,0% pour la Malaisie). C’est la première chose qui interpelle lorsqu’on arrive dans le pays, tout le monde est au travail : père, mère, grands-parents et malheureusement parfois des enfants. Si ceci est inconcevable pour tout occidental qui se respecte, le travail des enfants est parfois culturel en Thaïlande et cela se fait le plus souvent en famille, les enfants apportent alors un soutien à leurs parents.

Le commerce est très présent dans les rues, de nombreux services sont proposés du barbier au réparateur de « tuk-tuk » (tricycle motorisé) , de la petite épicerie au restaurant de rue. On se demande comment chaque boutique trouve sa clientèle tellement le choix est impressionnant. Bien évidemment, on ressent une grosse disparité entre des commerces qui ont pignon sur rue et d’autres plus petits qui essaient de subsister en vendant simplement quelques sodas ou des brochettes préparées dans la cuisine familiale.

Le tourisme, très important dans le pays, offre un emploi à une multitude de thaïlandais dans de nombreux secteurs. La restauration, en premier lieu avec d’un côté les énormes hôtels resort du sud, et les nombreuses « guesthouse » qui bordent les routes du pays.

Le métier de guide touristique est très répandu dans le pays afin de proposer des services à des touristes qui viennent de tous les coins du globe. C’est un métier très prisé par les étudiants car il permet de quitter le plus souvent son village natal et de partir dans des agglomérations plus importantes. Angie est l’une d’entre elles, rencontrée à Sukhothai, ville du centre du pays, elle m’a donné un témoignage optimiste de son pays et de sa vision de l’emploi. Issue d’un milieu plutôt favorisé puisque ses parents étaient fonctionnaires, son père étant chef à la poste locale et sa mère enseignante, elle a grandi et effectué ses études à Chiang Mai dans le Nord du pays, pour devenir par la suite guide touristique à Bangkok. Elle travaille aujourd’hui  dans tout le nord du pays car le sud est trop dangereux pour les femmes guides.  Elle m’explique que l’accès au travail est plutôt aisé dans son pays même si je me dois de rappeler qu’elle a eu la chance d’être élevée dans un milieu favorable. Lorsqu’on lui parle du travail des enfants, elle essaie de relativiser car cela n’est pas pour elle généralisé dans le pays et elle précise que la pauvreté des familles les oblige le plus souvent à demander l’aide des plus jeunes.

Passionnée par la langue de notre pays, elle va dès l’année prochaine venir à Paris à la Sorbonne pour améliorer la maîtrise de celle-ci. Mais pas question de quitter pour autant la Thaïlande,  puisqu’elle a pour ambition de devenir professeur de français à l’université à Bangkok.

Malgré un plan de relance de l’économie de 2000 Milliards de baths instauré par la nouvelle premier ministre Yingluck Shinawatra qui prévoit notamment une hausse extraordinaire du salaire minimum de 40%, les conditions de travail  en Thaïlande sont difficiles pour de nombreuses personnes. L’absence de jours de congés, l’exploitation des émigrés birmans dans le commerce du poisson ou l’abus du travail des enfants dans l’élevage de la crevette sont des chantiers prioritaires pour ce gouvernement qui veut, comme la plupart de ses voisins asiatiques, changer l’image des travailleurs de son pays.

Sources : humanium.org, thailande.fr et de nombreuses rencontres…

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3 commentaires sur « Carnet de voyage RH en Thaïlande »

  1. Vive les voyages en Thaïlande ! Ca vous permet vraiment de multiplier les thèmes originaux … et intéressants ! Juste un mot sur le travail des enfants : c’est un sujet particulièrement compliqué parce que c’est bien sûr un des droits humains les plus fondamentaux (c’est souvent par l’interdiction du travail des enfants que commence une législation sociale dans un pays) mais l’interdiction radicale et immédiate du travail des enfants est un des plus sûrs moyens de les voir passer à la prostitution (pour continuer à soutenir financièrement leur famille). Il faut donc particulièrement bien penser les structures de soutien qui sont nécessaires lorsqu’on décide d’interdire le travail des enfants. Sinon, on risque d’aller vers une situation peut-être encore pire…

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