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A Toulouse, l’union départementale de la CGT pourrait devenir SDF ?

Le syndicat vient de recevoir une lettre de la municipalité lui demandant de quitter la Bourse du travail, immeuble symbole de la lutte des travailleurs depuis plus de 120 ans qu’il occupe gratuitement. Vu le contexte économique et la baisse des dotations de l’Etat, la municipalité veut rationaliser ses dépenses et faire des économies. La ville estime qu’il n’est pas de ses compétences d’héberger des organisations départementales et régionales.

La CGT a très vite réagi en exprimant son étonnement et a comparé les méthodes de la mairie de Toulouse à celles des villes dirigées par le Front National. Affaire à suivre d’autant que d’autres organisations telles que la CFDT et la FSU sont concernées par ces mises en demeure. Le bras de fer entre la mairie et les syndicats risque d’être épique…

Négociations sur le temps de travail des cadres chez Airbus

La société qui annonce une très bonne année 2015, souhaite, à l’heure où le gouvernement repose la question du dialogue social, entamer un cycle de négociations sur le temps de travail de ses cadres. La direction souhaite en effet augmenter en France le temps de travail des cadres classés I à IIIB, soit la grande majorité des cadres (pour la plupart des ingénieurs) d’Airbus Group et de ses filiales comme Defense and Space (ex-Astrium). Ce sont donc 23000 salariés qui sont concernés par cette mesure dont 7000 à Toulouse. La première des 5 réunions prévues a déjà eu lieu et a posé les bases de la discussion. La quasi-totalité des cadres concernés disposent d’un forfait jour allant de 211 à 214 jours par an en fonction des filiales. La loi prévoit un maximum de 218 jours.

La CGT se pose néanmoins des questions sur les raisons d’une telle demande, encore plus pour un groupe en si bonne santé financière.

Le groupe Airbus a connu des résultats records en 2014 avec un chiffre d’affaires de 60,7 milliards d’euros et une progression de 5% par rapport à 2013 , son action en bourse s’est envolée.

Tension sociale chez Trigano

L’entreprise d’une centaine de salariés connaît des tensions depuis plusieurs semaines suite à la mise à pied d’un salarié délégué syndical. Ce dernier avait, lors d’une réunion du comité d’entreprise, eu des mots envers le responsable financier, jugés insultants par la direction de l’usine. Après une mise à pied de trois semaines, la direction de Trigano a décidé d’entériner le licenciement du salarié et ce, malgré le refus des responsables du personnel. Suite à cette annonce, quelques dizaines de salariés de l’usine de remorques ont débrayé plusieurs heures, rejoints par des syndicalistes CGT de la métallurgie. Le sort du responsable de la fabrication est, aujourd’hui, entre les mains de l’inspecteur du travail.

Matteo Renzi boude les organisations syndicales

Le président du conseil italien qui multiplie les réformes depuis son arrivée au pouvoir, a décidé de s’attaquer à un sujet primordial pour les syndicats, à savoir la réintégration du salarié injustement licencié. En effet, en vertu de l’article 18 du Statut des travailleurs, qui ne concerne que les entreprises d’au moins 15 salariés, l’employeur ayant injustement licencié un salarié peut être condamné à le réintégrer (ou à une indemnité en cas de refus de ce dernier de reprendre le travail), ainsi qu’à verser, après plusieurs années de procès, des arriérés de salaires et de cotisations. Nombre de gouvernements ont échoué sur ce terrain car cet article a toujours été massivement défendu par les organisations syndicales.

Mais Matteo Renzi en fin stratège et habile communiquant,  a intelligemment présenté cette opposition syndicale comme dépassée et a réussi malgré quelques oppositions dans ses rangs à faire passer une réforme sur le sujet, reniant les traditions de concertation sociale pourtant ancrées en Italie.

Cette réforme, basée sur l’indemnisation du salarié, permet à l’employeur d’éviter sa réintégration en cas de licenciement pour motif insuffisant, en versant une somme proportionnelle aux années de service du salarié. C’est ce qui pose problème aux syndicats qui y voient la possibilité de payer pour licencier paisiblement.

L’Allemagne toujours le bon élève de l’Europe

La première économie de la zone Euro a vu une fois de plus son taux de chômage se maintenir à 6,5%, qui est le record historique. Ce chiffre conforte la solidité du marché du travail allemand. Encore plus étonnant, alors que les analystes tablaient sur un recul du nombre de demandeurs d’emploi de 8000, ce chiffre est en fait de 20 000.

Et en France ?

L’année 2015 dans l’hexagone débute plutôt bien au niveau du chômage puisqu’il enregistre une légère baisse de 0,5% en janvier, considérable quand on pense que c’est seulement la 4e baisse depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Si le chômage des seniors stagne, celui des moins de 25 ans connaît une baisse de 1,4%. Il est bien sûr un peu tôt pour y voir une embellie durable car la croissance est aujourd’hui trop basse, mais le gouvernement compte sur le pacte de responsabilité ainsi que la loi Macron, censés apporter un coup de pouce à l’économie française.

Le passage en force de la Loi Macron

Le premier ministre Manuel Valls a eu recours à l’article 49.3 pour faire adopter sans vote, la semaine dernière, la loi Macron «pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ». En effet, craignant de ne pas voir le projet adopté par l’Assemblée, en raison de l’hostilité d’une partie de la gauche, le gouvernement a eu recours à ce texte. François Hollande qui a approuvé la méthode, s’est expliqué devant la presse car il s’était positionné contre l’utilisation de cet article en 2006 pour le CPE face aux mobilisations de milliers de personnes dans les rues.

Valls travaille sur la modernisation du dialogue social

C’est à l’issue de sa rencontre avec les partenaires sociaux, le 25 février, que le premier ministre a annoncé que le projet de loi sur le dialogue social serait présenté fin mars. Le projet prévoit notamment de proposer des intervenants externes pour les TPE et de regrouper les différentes instances pour les plus grandes entreprises. Le gouvernement doit néanmoins jongler entre les demandes du patronat et des syndicats. Pour cela  il souhaite continuer la concertation jusqu’à la rédaction du projet de loi.

Sources : L’Express Entreprise, Les Echos, La Nouvelle République, La Tribune, Le Figaro.

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2 commentaires sur « Social News : l’actualité sociale du 1er au 28 février 2015 »

  1. Focus très intéressant sur l’actualité sociale du mois de février dans l’hexagone mais aussi au-delà de nos frontières.

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