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La France n’est pas seulement championne du monde du nombre de jours de congés payés, elle l’est aussi avec les jours d’absence au travail.

L’ANACT définit l’absentéisme comme « toute absence qui aurait pu être évitée par une prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradations des conditions de travail entendues au sens large » (les ambiances physiques mais aussi l’organisation du travail, la qualité de la relation d’emploi, la conciliation des temps professionnel et privé, etc.).

Deux études menées récemment en septembre 2015 de l’institut Alma Consulting Group et du groupe Malakoff Médéric (Assurance santé et Prévoyance), révèlent une augmentation de l’absentéisme de 7.5% dans le secteur privé en 2014. La moyenne d’absence est de 16.7 jours par an et 36% des salariés ont eu au moins un arrêt dans l’année.

Pour les entreprises, cette absence a un coût énorme. Au niveau  national, la facture s’élève à 60 milliards d’euros entre les coûts directs comme les coûts de remplacement du salarié absent et les coûts indirects à savoir ceux de la prévention et de la prévoyance.

Pourquoi un tel absentéisme?

L’absence au travail prend ses sources dans des conditions internes à l’entreprise (l’ergonomie du poste, les objectifs de performance, les conditions de travail, le stress, les contraintes horaires, les tâches répétitives…) aussi bien que dans des sources externes (la conciliation travail / vie personnelle, la garde d’enfants, le vieillissement des salariés ou encore les absences dites de confort).

Ainsi, l’absentéisme est une donnée mesurable au travers des absences pour maladie, des accidents de travail et de trajet, des maladies professionnelles et des absences injustifiées. 

L’absentéisme est une vraie problématique d’entreprise qui doit pousser celle-ci à réfléchir pour lutter contre ce fléau. Si aucune mesure n’est prise, attention au risque de voir cet absentéisme subi par les salariés présents. En effet, ces derniers pourront être à leur tour absents devant une charge de travail toujours plus forte.

Toutefois, il faut nuancer cette situation. Tous les secteurs d’activité ne sont pas concernés par les mêmes taux. En France, les secteurs du transport et de la santé sont les plus impactés. De même en ce qui concerne les catégories socio-professionnelles, les cadres sont plus absents que les ouvriers. L’âge moyen des salariés absents varie également, les 30-39 ans étant plus affectés. Il en va de même selon les zones géographiques,  la région PACA étant la plus touchée en France.

Les leviers pour lutter contre l’absentéisme

L’absence imprévue n’est pas une fatalité. Parmi les leviers pour y remédier, la communication s’impose comme nécessaire. Au sein de l’entreprise, l’engagement au travail découle de la motivation et de l’implication du salarié dans le projet d’entreprise. C’est le rôle de l’encadrement, en étant ainsi mieux formé à l’impact de l’absentéisme, de sensibiliser ses collaborateurs aux enjeux. C’est pourquoi, il est important que les chiffres soient mieux exploités et communiqués afin d’en tirer les leçons. D’après l’étude de l’institut Alma Consulting Group, 69% des entreprises sondées communiquent avec les instituts représentatifs du personnel (IRP).

L’amélioration des conditions de travail est également décisive pour lutter contre l’absentéisme (Conformément à l’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013). D’où l’importance que les salariés soient acteurs dans les remontées d’améliorations des conditions de travail afin que l’encadrement en ait connaissance au travers des différentes instances (DP, CHSCT et CE).

Un autre levier proposé est l’entretien de retour. Celui-ci est à mener sur l’ensemble des salariés après chaque période d’absence sans distinction de durée ni de population et il a pour objectif de faciliter le retour à l’emploi du salarié. Il ne doit être ni culpabilisant, ni discriminatoire.

Le nombre de jour de carence a aussi un impact sur le taux d’absentéisme. La fonction publique a vu son taux d’absentéisme augmenter à la suite de sa suppression.

Une autre proposition consiste à offrir de la reconnaissance, des formations et des perspectives d’évolution de carrière aux salariés.

Peut être également envisagée une étroite collaboration avec le médecin du travail. Elle permet une meilleure prise en charge des risques pour concourir à diminuer les accidents du travail, les maladies professionnelles et les troubles musculo-squelettiques.

Enfin, le développement des contre-visites médicales s’avère aussi un atout. Sa mise en place dissuade souvent les récidivistes. Néanmoins cette mesure a un coût pour les entreprises.

Force est de constater que l’absentéisme au travail, plus qu’un phénomène d’entreprise est un véritable phénomène sociétal et que celui-ci doit être au cœur des préoccupations de l’équipe d’encadrement afin de combattre sa progression.

Plus récemment, est en train d’émerger la notion de présentéisme qui définit des salariés, présents sur le lieu de travail mais qui ne parviennent pas à se concentrer avec efficacité. Serait-ce un nouvel indicateur de mesure de productivité d’une entreprise ?

Sources : le figaro.fr, le point, France info, anact.fr, lentreprise.lexpress.fr, village-justice.com

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2 commentaires sur « L’absentéisme au Travail: Fléau ou opportunité de changement? »

  1. Absentéisme vs Présentéisme. Un des leviers pour lutter contre un absentéisme trop élevé peut être financier, notamment par la mise en place dans certaines organisations (fonction publique territoriale par exemple) d’une prime de présentéisme!

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