Révolution des métiers

Une étude menée par Ernst & Young en partenariat avec LinkedIn a démontré en 2014 que 40 % des dirigeants, toutes nationalités confondues, pensent qu’un quart de leurs équipes auront un nouveau métier dans les cinq prochaines années. L’évolution rapide des technologies, la mondialisation et le développement des services, ont transformé le travail dans toutes ses dimensions: son espace, ses modalités et sa temporalité…

L’impact des mutations économiques sur le monde du travail

Une économie des connaissances a vu le jour notamment de par la vulgarisation des informations. Les entreprises sont désormais en mesure de recueillir en masse des données significatives via les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, ou encore les applications mobiles…

Dans la même idée, les consommateurs sont également plus avertis et à même d’être renseignés. Cela s’est renforcé par la progression du niveau d’éducation. Selon l’OCDE, en 2012, 40% des 25 à 34 ans sont diplômés de l’éducation tertiaire en France.

Dans la même lancée, l’économie s’est également complexifiée. La distinction entre les secteurs d’activités est de moins en moins nette. Le secteur industriel se tertiarise et propose de plus en plus de services.

En parallèle, l’économie se veut également plus flexible. L’incertitude et les budgets de plus en plus limités poussent les entreprises à accorder moins d’importance au transfert de propriété. C’est ainsi que l’on voit naître des factures de voiture de location à l’heure près, de pneus d’avion selon le nombre d’atterrissages…

Les mutations économiques se font également à travers les émotions. En effet, le consommateur a des attentes fortes en termes d’esthétisme et de confiance. Ainsi, si en période de crise on achète moins, on est prêt à dépenser pour des marques qui attirent notre attention et qui nous racontent une histoire.

L’évolution des métiers : de nouvelles attentes de la part des dirigeants

Selon cette étude publiée par Ernst & Young et LinkedIn, les dirigeants seraient parfaitement conscients de l’impact des mutations économiques sur les métiers. En 2014, 31% d’entre eux pensent que cette évolution concernera surtout les métiers les moins qualifiés. Cela peut notamment s’expliquer par les effets de l’automatisation qui font que certains métiers sont progressivement remplacés par des systèmes experts. Ce phénomène est d’autant plus important qu’il concernait surtout des fonctions manuelles alors qu’aujourd’hui cela s’étend également à des fonctions cognitives. Les RH se retrouvent alors à redéployer un nombre d’effectifs conséquent sur de nouvelles tâches.

Face à ces mutations, les dirigeants s’attendent à une « montée de niveau » de leurs collaborateurs. Ainsi, selon 33% des dirigeants la compétence technique la plus attendue est la maîtrise de la technologie. Néanmoins, les compétences techniques ne suffisent plus puisque cela doit être couplé avec des compétences comportementales. La capacité à travailler en équipe, la capacité à résister au stress et l’adaptabilité sont les trois compétences comportementales les plus attendues.

On pourrait alors se demander à quoi ressemblera au final le collaborateur de rêve ? La réponse étant : à un « collaborateur caméléon » qui maîtrisera plusieurs compétences plus et cela au service d’un client tout aussi hétérogène !

Les métiers en progression et les métiers qui tendent à diminuer

L’étude d’Ernst & Young et LinkedIn fait ressortir que quatre grandes familles de métiers sont en progression  ces dernières années:

-La 1ère famille étant celle des métiers de la communication, du marketing et de la vente. Entre 2008 et 2012, elle a progressé de +10%. Cela s’explique par le contexte concurrentiel qui pousse à la construction de marques qui se nourrissent de récits et de contenus accrocheurs.

– La 2ème famille, qui représente un peu plus de 10% des salariés en France, concerne les métiers de l’économie sociale et solidaire. L’aspiration des jeunes à une plus grande éthique, à la recherche de sens et à un renforcement de la solidarité pousse cette génération à se tourner vers ce type de métier.

– Face à une population de plus en plus vieillissante, les métiers liés à la santé se développent fortement. Selon l’INSEE, en 2013, le nombre de personnes de 60 ans ou plus a augmenté de 23,4 % en dix ans.

– Alors que le salariat reste la norme, l’entreprenariat se développe quant à lui de manière exponentielle.

En Europe, l’emploi compte 15% d’indépendants, ce chiffre a connu une augmentation de +45% entre 2004 et 2014.  Le réseau LinkedIn illustre bien cette tendance. La première fonction qui ressort, tous pays confondus, est « entrepreneur » (ou du moins son synonyme tel que fondateur, consultant indépendant…).

Les mutations économiques ont également fait apparaître de nouveaux métiers. Face à la vague des réseaux sociaux, au-delà de la simple fonction de gestionnaire de communauté, certains se sont vu promus « social media analyst » ou encore « social media manager ».

En vue de la valorisation de l’environnement et du recul du réchauffement planétaire, des métiers « verts » se sont également développés. C’est ainsi qu’en témoignent de nouvelles spécialités d’ingénieurs (destruction nucléaire, bio-production…).

A l’inverse, ces mutations ont provoqué la dissolution de certains métiers. Alors que les nouvelles technologies se développent à vitesse grand « V », les métiers de la fonction informatique d’un point de vue technique baissent. En effet, la technologie est à présent intégrée dans tous les métiers,  les collaborateurs maîtrisent de plus en plus les logiciels qu’ils utilisent.

Dans le même esprit, les métiers de gestion de projet sont également en recul. Il s’agit désormais d’une compétence qui s’est généralisée et qui est maîtrisée par de nombreux managers.

Face à ces mutations, la place de la fonction RH ne peut qu’apparaître comme étant centrale et décisive pour accompagner ces changements !

Sources: A quoi ressemblera la fonction RH demain?, ey.com, lefigaro.fr

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2 commentaires sur « La révolution des métiers, quelles compétences faudra-t-il avoir demain ? »

  1. Vaste chantier, en effet, que la préparation aux métiers à venir et la formation des salariés afin de rester en phase avec les mutations économiques, technologiques, sociétales,…Bien vu!

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