rumeur

Source: psycheduweb.fr

Si les célébrités font régulièrement l’objet de rumeurs, « Radio-moquette » n’épargne pas non plus les entreprises où les rumeurs sont parfois propagées au sein même de l’organisation. En effet, étant connue sous des noms divers (cancans, potins, commérages, papotages…), la rumeur anime le réseau de communication informelle de toute entreprise. Prévenir, détecter et combattre la rumeur devient alors indispensable !

Souvent dénigrée et qualifiée de futile, la rumeur revêt différentes casquettes pour le salarié friand de « potins croustillants » et autres ragots qu’il pourrait se mettre sous la dent. Elle est tout d’abord un moyen de socialisation. En confiant une information censée être secrète à un collègue, il lui témoigne une volonté de l’intégrer dans son cercle de confidence et in fine, de tisser des liens avec lui. La rumeur peut également revêtir une forme de défouloir. Pour le subordonné ayant des relations difficiles avec son hiérarchique, elle peut s’apparenter à une arme dont il dispose contre lui. En outre, se plaindre de son supérieur lui permet aussi de partager un poids émotionnel par le biais de l’exagération. La rumeur, si elle peut rendre un environnement de travail malveillant et ternir le climat social, a également la faculté de l’égayer. Les pauses-café ne seraient-elles pas fortes ennuyeuses sans un petit commérage ? Enfin, l’utilité principale de la rumeur réside dans son caractère informatif. Elle permet entre autre de recueillir des informations pour sa carrière et ainsi, bien se positionner (X a été augmenté, Y va quitter l’entreprise et donc un poste sera vacant…).

Pour contrer les rumeurs, certaines entreprises américaines invitent leurs collaborateurs à parapher une charte selon laquelle ils s’engagent à ne pas nourrir de ragots. Néanmoins, selon Aurore Van de Winkel, conseillère en gestion des rumeurs, cet outil est peu réaliste. Si l’entreprise ne peut empêcher ses salariés d’échanger et de partager, elle ne peut laisser libre cours aux bruits de couloirs. Ainsi, « à partir du moment où un ragot a des conséquences psychiques, physiques et sociales sur une personne, la direction doit mettre le holà car on tombe alors dans ce que l’on nomme le harcèlement moral ».

Face à la rumeur, les entreprises adoptent parfois des attitudes bien différentes des unes aux autres.  L’attitude la plus répandue est le silence. Si la rumeur est peu crédible et n’a pas beaucoup d’impact sur les salariés et l’image de l’entreprise, décider de l’ignorer apparaît comme une solution simple et efficace. Attention néanmoins à ne pas tomber dans le cas extrême de la Société Générale. En juillet 2011, le journal Le Monde avait publié une fiction selon laquelle l’entreprise était sur le point de faire faillite. Le tabloïd britannique Mail of Sunday n’avait pas compris qu’il s’agissait d’une fiction et a relayé l’information, ce qui a eu pour conséquence une chute du cours des titres de la banque. La Société Générale avait décidé de se taire, mais face à une dépréciation de 14,7% de ses titres en une seule séance de cotation, elle a dû sortir de son silence et démentir la rumeur !

Si la rumeur ne porte pas sur un sujet grave, d’autres entreprises préfèrent opter pour la voie de la dérision et exploiter le buzz de manière positive. Ainsi, Coca-Cola a été confronté à une rumeur qui stipulait que boire du Coca après avoir mangé des Mentos faisait exploser l’estomac. L’entreprise américaine débordant d’imagination, a alors sponsorisé un film sur lequel deux artistes profitaient de la réaction chimique entre ces bonbons et le soda pour créer un spectacle de fontaines !

Néanmoins, si une fausse rumeur porte directement atteinte au groupe, certaines entreprises prennent la chose plus sérieusement et n’hésitent pas à démentir et à pointer du doigt les informations erronées. Ainsi, l’annonce en janvier 2011 du congé maladie de Steve Jobs a suscité de nombreuses inquiétudes au sein du personnel, des rumeurs sur son état de santé et son éventuel remplacement ont vu le jour. Il a fallu que le patron d’Apple fasse une intervention publique lors de la présentation de l’Ipad2 pour rassurer les salariés.

Comment éviter les bruits de couloirs ? La réponse réside dans la communication! Dans une organisation où règne la transparence, la rumeur trouve difficilement prise.  S’il peut paraître inutile de communiquer pour un oui ou pour un non, de remplir la boîte mail de ses collaborateurs, et d’enchaîner les réunions d’informations, n’oubliez pas que les mauvaises nouvelles ne manquent pas de faire naître les bruits de couloir. Ainsi, laisser ses collaborateurs dans le brouillard, c’est développer un climat d’inquiétude qui ne fera que nourrir les ragots.

Bien que la communication soit la solution pour éviter les rumeurs et désamorcer les crises latentes, les entreprises françaises cultivent le secret. Une étude menée en 2005 par ISR, un cabinet spécialisé dans la recherche et le conseil en stratégie RH, a révélé que deux tiers des employés estimaient apprendre des informations importantes sur l’organisation interne par le biais des bruits de couloirs. Pire encore, un manager sur deux se dit également informé de cette façon.

Ainsi, prêtez une oreille attentive , aux discussions à la cafétéria et à l’espace fumeur et n’oubliez pas que les rumeurs les plus redoutables sont celles qui sont assez crédibles pour convaincre le plus grand nombre !

Sources: lexpress.fr, keljob.com, journaldunet.com, ccimag.be

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2 commentaires sur « Rumeurs en entreprise, une affaire de communication »

  1. Rumeur vs Communication. Secret vs Transparence. Attention, la rumeur peut causer des dégâts irréversibles au sein des organisations et des hommes/femmes qui la composent. Un lieu commun consiste à dire que le savoir, c’est le pouvoir. Partager le savoir, c’est partager l’objectif commun!

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