seoul

Source : lonelyplanet.fr

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Psy et son planétaire “Gangnam Style”, la K-pop, ou encore des marques telles que Samsung, LG, Hyundai et Kia ont fait la renommée internationale de la Corée du Sud. Alors qu’au début des années soixante, l’économie du “pays au matin frais” était très affaiblie par une guerre civile précédée par une période d’hégémonie coloniale, aujourd’hui  le pays s’est imposé parmi les plus industrialisés au monde. En effet, son revenu annuel par habitant au début des années soixante était de $100, aujourd’hui il est de de $20 000 (contre $4 000 pour la Tunisie à titre de comparaison). Comment cette nation a-t-elle réussi en quelques décennies à se relever et à connaître un miracle économique ?

A la conquête de la compétitivité par les ressources humaines

N’ayant que très peu de ressources naturelles, c’est sur son capital humain que la Corée du Sud s’est orientée, en développant de façon intensive l’éducation, la formation professionnelle et la valorisation du potentiel humain. Le gouvernement ne s’est pas uniquement contenté de former un effectif de cadres mais à également orienter les personnes talentueuses ou à hautes compétences vers des métiers scientifiques et techniques. Ainsi, les dépenses allouées à la recherche et développement ont augmenté de façon phénoménale, passant de 0,6% du PIB au début des années soixante-dix à 3,5% en 2013 (contre 2,23% en France).

Une volonté économique qui a façonné tout un modèle social

Cette course frénétique vers l’excellence a fait que l’éducation en est devenue une « religion » et les études le gage de la réussite sociale. Ainsi, pour certains ménages, le père de famille n’hésite pas à y consacrer une bonne partie de son salaire, pendant que la maman se transforme en véritable « coach » à temps plein (quitte à mettre sa carrière entre parenthèse), voiturant l’enfant d’un cours à un autre. En 2013, les ménages ont dépensé dix-huit milliards de dollars dans l’éducation privée. Une somme colossale qui s’est néanmoins révélée être un investissement payant ! En effet, pour la 3ème fois consécutive, la Corée du Sud occupe la 1ère place au sein de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) dans le classement qui mesure les aptitudes des élèves de 15 ans en matière de lecture, de mathématiques et de sciences (loin devant la France qui se positionne au 25ème rang).

Le salarié sud-coréen ne compte pas ses heures

Façonné dès son plus jeune âge à l’effort et au dépassement de soi, une fois dans le monde du travail, le sud-coréen ne recule pas devant la charge de travail. En effet, en 2013, la moyenne annuelle d’heures travaillées s’élevait à 2163 heures selon l’OCDE (1489 heures pour la France). Le cadre légal actuel fixe à 40 heures la durée du travail sur 5 jours. S’y ajoutent 12 heures d’heures supplémentaires à ces 5 jours et 16 heures travaillées en week-end, soit un total de 68 heures au maximum. Ainsi, en moyenne, un salarié sud-coréen à temps plein travaille un peu plus de 50 heures par semaine. Néanmoins, un projet de loi souhaiterait ramener ce total de 68 heures à 52 heures, où celles réalisées le week-end deviendraient des heures supplémentaires. Nous sommes donc loin des 48 heures françaises…

La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle

La durée de travail en Corée du Sud laisse peu de place à la vie privée. Ainsi, il est de coutume pour les salariés d’estomper la frontière vie professionnelle/vie personnelle. En effet, nombreux sont ceux à participer à la « vie sociale de l’entreprise » après le travail et à se retrouver entre collègues à des soirées ou à des évènements festifs.

Ainsi, la volonté de fer de toute une nation à se relever économiquement d’une guerre civile a construit un nouveau modèle social qui a érigé le “pays au matin frais” dans la course des pays les plus industrialisés. Et ce, au point que leur industrie de la téléphonie fasse de l’ombre au géant américain Apple. Un modèle social de réussite qui ne peut que nous inspirer!

Sources : lesechos.fr, lepoint.fr, lemonde.fr et oecd.org/fr/

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Un commentaire sur « La Corée du Sud ou la course vers l’excellence »

  1. Très bien rendu l’évolution qu’a su mener ce pays, a contrario de son voisin et ennemi du Nord. Début des années 70, un livre sortait sous le titre ‘Quand la Chine s’éveillera’ annonçant des jours sombres pour nos économies occidentales. Pour paraphraser le titre, ‘Quand la Corée du Sud s’est éveillée’, on ne peut constater que des effets positifs en interne mais également en externe. D’où la pertinence de votre dernière phrase! Bravo.

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