visuel-MANAGEMENT-okSource : http://www.7rh.fr

Toute entreprise s’accorde à dire qu’elle doit se réinventer pour se différencier. Audace, flexibilité, créativité sont les maîtres mots. Néanmoins, quand on parle d’innovation, on a tendance à associer cela à des innovations technologiques, à des stratégies d’entreprise ou encore à des techniques de ventes. Rares sont les fois où le management est cité. En effet, selon un sondage d’Ipsos en 2013, l’innovation est confiée à 72% à la recherche & développement, à la qualité et au marketing. Or cela, représente bien souvent entre 5 et 8% de l’effectif. Est-ce à dire que les autres fonctions ne sont pas concernées par les idées nouvelles ?

Le management, le parent pauvre de l’innovation

Un sondage d’IFOP en 2013 a révélé que 85% des dirigeants estiment que l’innovation est impérative pour rester compétitif, néanmoins, peu nombreux sont les décideurs qui parlent d’innovation managériale. Si c’est le cas, il s’agit bien souvent d’innovation en termes d’organisation ou encore de systèmes d’information. Les principes “collaboratifs” ou de “cohésion” arrivent en dernière position. Et pourtant on ne peut s’empêcher de penser que le management a considérablement évolué, prenant à présent en compte le facteur humain et diminuant les niveaux hiérarchiques. Néanmoins, les processus décisionnels sont restés identiques. En effet, quel que soit le nom qui lui a été attribué (patron, supérieur, chef, cadre, leader…), le manager a toujours pour rôle principal de prescrire et de contrôler.

Un management au service de la productivité

Pendant près d’un siècle, le leitmotiv des modèles de management a été « Comment augmenter la productivité? Comment conquérir de nouvelles parts de marché? Comment baisser les coûts ? ». Certes les entreprises ont intégré la dimension motivationnelle depuis les années 80, mais ce fut avant tout pour augmenter la productivité et non pas pour contribuer au bien-être des collaborateurs (les expériences de la Western Electric par exemple).

Pour ce qui est de la prévention des risques psychosociaux (RPS), il ne s’agit pas là d’une initiative des entreprises mais du gouvernement. Bien que certaines entreprises en 2009 se soient lancées dans cette démarche, il a fallu attendre la médiatisation des suicides chez France Télécom pour que la prévention des RPS soit prise en compte. Assurément une entreprise a pour vocation d’être productive, mais n’a-t-elle pas également pour mission sociale de participer au bonheur de ses collaborateurs ?

L’innovation managériale : plus facile à dire qu’à faire !

Le fait que le management soit le parent pauvre de l’innovation peut s’expliquer par le facteur « temps ». En effet, un changement technologique prend entre 6 à 18 mois alors qu’un changement culturel a besoin de 1 à 5 ans pour évoluer. Ainsi la mutation s’avère plus longue et donc plus difficile de facto pour l’innovation managériale. Néanmoins, difficile ne rime pas forcément avec impossible !

Innover, se dépasser, se réinventer ne repose pas forcément sur l’adaptation de concepts d’Harvard ou des grands précurseurs du management. Bien souvent, les pratiques managériales considérées comme innovantes prennent essor dans les convictions fortes des décideurs ou encore dans des paris un peu osés, et ce en réponse à une situation de crise.

Vers l’acceptation de l’innovation managériale 

Il n’est pas toujours simple de remettre à plat tout ce que l’on a longtemps considéré comme vérité absolue ! Néanmoins, souvenez-vous que nos ancêtres étaient convaincus que la Terre était plate et que le soleil tournait autour de la Terre. Ainsi, la seule certitude que tout manager peut avoir est qu’il sera amené à changer et à s’adapter dans un monde en constante évolution !

L’innovation induit une forme de peur. Celle de perdre le contrôle, le pouvoir ou encore de se tromper. Cependant, qui dit innovation, dit prendre des risques. Et si le risque n’était pas au contraire une forme de courage et d’intelligence à saisir les opportunités ?

L’innovation managériale peut également faire l’objet de pression sociale. Certaines personnes peuvent renoncer à une idée au motif qu’elle est dite surréaliste. Sachez néanmoins, que l’innovation managériale est avant tout une affaire de conviction et ne dépend pas du regard des autres !

Petit tour du monde de l’innovation managériale

La compagnie aérienne Air France, après avoir pris conscience que l’une des principales causes d’accidents/incidents était d’origine humaine a mis en place une “charte de non punition de l’erreur”. Le principe étant que les collaborateurs avouent de manière anonyme leurs erreurs et signalent tout dysfonctionnement. En contrepartie, la société s’est engagée à ne pas appliquer la procédure disciplinaire pour toute erreur révélée.

“Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » nous disait Confucius.  L’entreprise Wl Gore aux Etats-Unis (8 000 collaborateurs) a pris très à coeur cet adage. En effet, tout nouveau salarié dispose de quelques semaines pour faire le tour de tous les projets et de choisir les équipes avec lesquelles il souhaite travailler et le projet qui leur ferait le plus plaisir. Les équipes plébiscitées peuvent alors accepter ou refuser la candidature du nouvel embauché.  L’intérêt de cette pratique est que cela fait appel à l’appartenance à un groupe dans lequel on se sent bien et au plaisir au travail.

Pour vous le travail est synonyme de contraintes et d’un manque de liberté ? Ce n’est pas le cas au Brésil pour la société Semco (plus de 3000 collaborateurs). Les salariés qui le souhaitent (soit 75% de l’effectif) disposent de la liberté de fixer eux-mêmes leur salaire, de venir travailler et de s’organiser comme ils le souhaitent. Les gardes fous de cette liberté sont que les salariés s’engagent à atteindre les objectifs. Tout salarié qui ne respecterait pas son engagement ne devra pas simplement rendre des comptes à la hiérarchie mais à toute l’entreprise !

Ainsi l’innovation managériale n’est pas une affaire facile pour les DRH car cela contredit bon nombre de leurs fondamentaux fortement ancrés depuis plusieurs années. Ils devront donc faire preuve d’audace, de patience, de souplesse et d’inventivité pour permettre le changement. Mais au fond, n’est-ce pas ce à quoi la fonction RH est destinée ?

Source : http://www.journaldunet.com

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3 commentaires sur « Le management, le parent pauvre de l’innovation ? »

  1. Un article excellent que j’ai pris énormément de plaisir à lire. On reconnait une certaine démarche scientifique dans l’argumentation, plutot rigoureuse. Bravo !

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  2. Merci pour cet article qui m’interpelle .Et, si j’étais DRH, je dirai oui à l’innovation manageriale. Laurianne

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  3. L’innovation managériale touche au coeur de ce qui fait l’entreprise: l’humain. Quand on innove sur ce coeur même, on ne peut pas parler de parent pauvre, mais de véritable challenge à long terme!

    Aimé par 1 personne

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