Maladie chronique et vie professionnelle : un enjeu majeur

maladie chronique 2

Sclérose en plaques, myopathie, maladie de Parkinson, VIH, hépatites, diabète, cancer sont quelques unes des maladies dites « chroniques ». Elles ont en commun d’être des affections de longue durée qui, en règle générale, évoluent lentement.

En France, 15 millions de personnes sont concernées par ces pathologies, soit près de 20% de la population. Avec une personne touchée sur cinq en France, les maladies chroniques concernent un nombre croissant de salariés. Or le retour et le maintien dans l’emploi nécessitent de faire tomber certaines idées reçues et d’aménager un cadre professionnel tenant compte des incidences de la maladie. Alors, professionnels et DRH, comment agir et réagir face à ces maladies? Comment mieux accompagner ces salariés dans leur entreprise? Et comment aider celle-ci dans la gestion collective de ces maladies?

Le rôle d’écoute du manager

A titre d’exemple, les seuls arrêts maladie liés à des diagnostics de cancer engendrent des pertes de productivité estimées à 17 milliards d’euros selon le ministère de la Santé. Un coût humain, organisationnel, technique et financier qui alerte sur la nécessité de former les équipes de travail à mieux gérer les malades chroniques dans l’entreprise et encourager les salariés à libérer la parole à ce sujet. Impossible dès lors pour les DRH de continuer à éviter ce sujet tabou en se réfugiant derrière la seule médecine du travail.

C’est pourquoi, adopter la bonne posture managériale est primordiale :  Amener le salarié à s’ouvrir sur sa maladie, instaurer une relation de confiance permet d’être au courant et donc, d’anticiper les absences, de répartir les ressources, d’aménager les horaires, de tenir compte des symptômes et de leurs durées, afin de contrôler au mieux le délicat équilibre entre les moyens dont dispose l’équipe et les objectifs à atteindre.

Ce management spécifique permet au collaborateur de ne pas dépenser de l’énergie à cacher sa maladie, mais bien à conserver cette dernière pour se soigner et pouvoir travailler dans les meilleures conditions. De manière toute aussi importante, il permet de faciliter la communication, dissiper les malentendus, les non-dits et de désamorcer bon nombre de conflits.

Un tel management permettra la réduction du stress à la fois pour le salarié et pour l’équipe mais également l’amélioration des relations interpersonnelles. Même si chaque collaborateur est différent, chaque pathologie à une symptomatologie différente. Il existe un certain nombre d’invariants permettant de dessiner une posture appropriée. Il faut d’abord être attentif aux symptômes (retards, absences, mise en retrait, irritabilité, somnolence, non atteintes des objectifs, oublis,…) qui peuvent être confondus avec de la négligence ou du désengagement. A cette vigilance est associée une écoute éveillée des messages que renvoient ces salariés.

Mais comment, dans ce contexte, aider ces personnes atteintes, à rester au travail ou à réintégrer leur emploi, tout en essayant d’obtenir le meilleur niveau possible de performance ?

Un accompagnement préventif pour les entreprises

L’Institut national du cancer (Inca) a lancé en septembre 2015, un club des entreprises, baptisé “Cancer et emploi”, en partenariat avec le ministère du Travail et l’ANDRH. Des expérimentations seront menées dans cinq régions avant d’être étendues au plan national. Objectif : faire travailler ensemble salariés malades, médecins, managers et DRH pour éviter la désinsertion professionnelle.

Par ailleurs, des dispositifs d’accompagnement des entreprises commencent à émerger sur le marché. L’association Cap Santé Entreprise a récemment lancé un programme de prévention qui s’étale sur trois ans. “Après un diagnostic, nous proposons un plan d’actions à travers des ateliers de prévention, de l’information, des formations pour les managers mais aussi les DRH », indique Damien Kunegel, directeur de l’agence du Crédit mutuel de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) et coordonnateur du conseil d’orientation stratégique de Cap Santé Entreprise.

Enfin, certains acteurs misent sur les contrats collectifs des complémentaires santé pour toucher directement les travailleurs, sans mettre dans la boucle managers et DRH. La start-up française “Betterise” propose des applications qui aident les salariés à adopter de bonnes habitudes, notamment alimentaires, pour préserver leur santé. « Nous avons commencé à travailler sur la prévention primaire. Nous allons développer des services plus spécialisés comme Betterise diabète », indique Christophe Brun, le directeur général.

Comme nous l’avons vu, un Français sur cinq est atteint d’une affection chronique, et le poids de ce type de maux devrait doubler au cours des vingt prochaines années. Dès lors, c’est un sujet qui ne peut être ignoré et d’ailleurs, les dernières recherches montrent que le retour à l’emploi pourrait même favoriser la guérison de ces personnes…

Sources : http://www.focusRH.com, buisiness.les.echos.fr, anact.fr

3 réflexions sur “Maladie chronique et vie professionnelle : un enjeu majeur

  1. Le maintien dans l’emploi des salariés atteints de maladies chroniques nécessite, comme vous l’avez indiqué, un dialogue ouvert entre le salarié et son manager de proximité. Il appartiendra à l’organisation de trouver des solutions (postes adaptés, prévention,…) afin de maintenir le salarié dans l’emploi.

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