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Vous avez le sentiment d’être inutile ou d’effectuer des tâches dont vous ne comprenez pas, ou plus la valeur ? Votre rôle au sein de votre entreprise ne vous est clairement plus établi ? Quand pour certains « épanouissement professionnel » rime avec « mythe »…

Une profonde crise existentielle frappe le monde du travail. Des chercheurs britanniques et suédois ont mis en évidence une nouvelle pathologie. Après le « burn-out » (épuisement professionnel) et le « bore-out » (l’ennui au travail), voici le « brown-out ».

Le « brown-out » signifie littéralement « baisse de courant » et est vécu par un salarié qui ne comprend pas, ou plus, son travail. Nadia Droz, psychologue spécialiste du burn-out à Lausanne, préfère définir cet état comme «une démission intérieure. Le travail n’est plus dans une culture de la valorisation, mais de la performance, avec une multiplication de tâches très découpées qui rend le cœur de son métier invisible. Ce qui aboutit à un sentiment d’inutilité.»

Le mal-être du « siècle »

La perte de normes et de repères est un phénomène de plus en plus prononcé dans le monde du travail. Dès 2013, David Graeber, anthropologue américain, dénonçait la multiplication des « bullshit jobs » («boulots de merde») en publiant une tribune qui avait eu l’effet d’une bombe : « Le phénomène des jobs à la con ». Sa théorie ? A cause des progrès technologiques, la société invente des rôles et produit des activités toutes aussi chronophages qu’inutiles. Il vise particulièrement les métiers supports tels que les ressources humaines, le management, le conseil, la finance, et une grande partie des emplois de bureau.

Selon ce même auteur, les salariés concernés par le « brown-out » savent pertinemment que leur travail n’a aucun sens, voire aucune utilité. Il déclarait : «Il y a une classe entière de salariés qui, quand vous les rencontrez à des soirées et leur expliquez que vous faites quelque chose qui peut être considéré comme intéressant, éviteront de discuter de leur propre métier. Mais offrez-leur quelques verres et ils se lanceront dans des tirades expliquant à quel point leur métier est stupide et inutile».

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S’attaquer au “brown-out” en le dénonçant

Pouvons nous faire semblant de trouver un sens à quelque chose qui n’en a pas ? Marc Estat, ancien dirigeant d’une multinationale a décrit son quotidien dans son livre intitulé  «Néantreprise. Dans votre bureau, personne ne vous entend crier». Son témoignage met en évidence un quotidien absurde, rythmé par de nombreuses réunions soporifiques avec des collègues s’exprimant dans un jargon corporate afin de masquer l’inutilité de celles-ci : «On switche en anglais à tout bout de champ. On ne réduit pas, on stretche. On ne surveille pas l’heure, on timekeep. Nous n’avons pas des données, mais des inputs». Selon M. Estat, cet univers déshumanisé ne peut qu’aboutir à «une démission de chaque individu, soit contractuelle, soit morale».

Pour retrouver du sens à leur travail, les salariés peuvent désormais compter sur une définition de leurs maux, des formations et des cabinets psychologiques spécialisés. Clara Delatraz, ancienne employée dans de grands groupes du CAC 40, a ressenti les symptômes du « brown-out » bien avant qu’il soit mis en évidence. Interrogée par LCI, elle déclare : « Je ne trouvais aucun sens à ce que je faisais. Je me suis redirigée vers le secteur public pour l’aspect intérêt général. Mais là, c’est le manque d’efficacité et la lourdeur que je n’ai pas supportés». Afin d’aider les salariés qui ne trouvent plus aucun sens à leur travail, elle a décidé de cofonder la start-up Switch collective, qui propose une formation baptisée «Fais le bilan, calmement.». «Les gens qui viennent se questionnent sur les valeurs de leur boîte, ont l’impression d’être un pantin dans une organisation figée, ou de ne jamais voir l’aboutissement de leur travail à cause de tâches trop morcelées», explique-t-elle.

Et vous êtes-vous épanoui dans votre travail?

Sources : Le Parisien, Le temps.ch, LCI.

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2 commentaires sur « « Brown-out » : l’épanouissement professionnel est-il devenu un mythe ? »

  1. la satisfaction au travail est fonction de nombreux facteurs sur lesquels la gestion des ressources humaines peut agir : La multitude d’expérimentations et de pratiques empiriques en entreprise, s’accordent pour conclure que la satisfaction au travail est basée sur toute une série de conditions de travail favorables : http://www.officiel-prevention.com/formation/formation-continue-a-la-securite/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=139&dossid=464

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