Infobésité : Comment éviter la surcharge?

« L’humanité a produit au cours des 30 dernières années plus d’informations qu’en 2 000 ans d’histoire et ce volume d’informations double tous les 4 ans ». P. Aron et C. Petit

L’infobésité est une analogie avec une maladie (l’obésité qui est générée par un fort surpoids). Elle désigne les conséquences de la surconsommation d’informations. L’infobésité ou autrement dit la surcharge informationnelle comporte trois dimensions. Une dimension informationnelle, ainsi, on assiste à une augmentation constante du volume d’information à traiter et à une réduction du temps pour traiter celle-ci. La seconde dimension est communicationnelle avec l’accroissement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Enfin, elle est également cognitive, c’est-à-dire que la capacité à gérer cette surcharge est individuelle, chacun ne va pas avoir le même ressenti. Si nous voulions définir l’infobésité, nous pourrions dire que c’est le fait pour un internaute de recevoir plus d’informations qu’il n’est capable d’en traiter.

L’infobésité trouve sa source en entreprise dans les nombreux e-mails que les salariés reçoivent au quotidien. Mais ce n’est peut-être pas le seul coupable, la surcharge informationnelle est aussi due à la multiplicité des outils, des médias que l’on rencontre tous les jours que ce soit dans nos vies professionnelles, mais aussi privées.

Ainsi, les nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC), en augmentant la vitesse de circulation des données et en réduisant le temps de traitement ont aussi fortement participé à la surcharge informationnelle. Cependant, nous sommes dans un paradoxe, car les NTIC ont pour but premier d’améliorer les flux d’information et faciliter les processus décisionnels, mais leur usage conduit à la situation contraire.

Un individu lorsqu’il travaille produit de l’information et l’utilise. En revanche, nous ne sommes pas tous égaux face à la surcharge informationnelle et plusieurs facteurs peuvent modifier la perception comme par exemple :

oLe contexte de l’individu : selon des études, plus l’individu est diplômé et/ou âgé et plus il a de risques de subir la surcharge informationnelle.

o Le contexte de l’entreprise : la taille de l’entreprise peut être un facteur de la surcharge informationnelle.

o Le contexte du poste de travail : plus le nombre de collaborateurs est élevé plus la surcharge peut être importante.

Quels sont les risques engendrés par l’infobésité ?

Il existe différents risques liés à la surinformation. Dans un premier temps ceux concernant la santé des collaborateurs, les risques psycho-sociaux. L’impression de ne jamais parvenir à rattraper le flot d’informations ce qui amène les salariés au découragement, au stress, à l’anxiété.

Parmi les risques, on retrouve la perte de mémoire et la diminution de la productivité, lire plusieurs mails, répondre au téléphone, envoyer un message, affectent notre mémoire. De surcroît l’urgence informationnelle à laquelle nous sommes confrontés, ne facilite pas la concentration. Enfin, on peut retrouver le salarié en situation d’addiction, il est en manque s’il n’a pas de connexion pour consulter ses mails.

Au-delà d’un certain nombre d’informations reçues, le processus décisionnel diminue en terme de qualité et du temps de prise de décision. Le TMI (Too Much Information) nuit à la décision, devant l’abondance des choix, l’indécision ou la simplification excessive sont les risques. Ensuite, la surcharge informationnelle, conduit à la désinformation. En effet, lorsqu’on est confronté à un volume d’information trop important, il est compliqué de savoir quelle est la bonne ou la mauvaise information.

Cela mène l’organisation à un dysfonctionnement dans la prise de décision, à long terme cela peut dégrader le sentiment d’appartenance et l’image de l’entreprise.

Cette surcharge informationnelle engendre l’émergence de nouvelles pathologies, nous pouvons par exemple citer le trouble de déficit d’attention (TDA). Nous pouvons prendre l’exemple au japon des « hikikomori du savoir », c’est un trou noir cognitif, absorbant l’énergie et le temps lorsque l’individu est sur le net en train de lire toutes sortes de documents.

Quelles sont les solutions existantes pour traiter cette surinformation ?

La communication doit veiller à donner du sens au travail et à rétablir la fierté d’appartenance à l’entreprise et au métier. Elle doit par exemple éviter « l’envoi à tous » de mails et doit travailler sur la formation des collaborateurs face à cette surcharge informationnelle.

Certaines organisations s’appuient sur des systèmes comme par exemple le text mining (ou fouille de textes), qui consiste à analyser des documents afin d’en retenir les informations les plus pertinentes. D’autres disposent d’un curateur de contenus qui sélectionne, organise puis partage les informations.

L’individu dans son quotidien est donc confronté à la situation paradoxale d’une information omniprésente mais parfois inutile. L’infobésité est une évidence que l’on soit étudiant, salarié ou consommateur, elle nous touche tous au quotidien. Certains souffriraient même d’un syndrome appelé la fatigue informationnelle. Serait-ce le prochain mal du siècle ? Le droit à la déconnexion, peut-il être un remède ? Certaines entreprises expérimentent la suppression des e-mails entre 10 h et 16 h afin de ne plus perturber le travail. « Hier, recevoir un courrier était un privilège, presque un symbole de pouvoir. Aujourd’hui, c’est devenu une véritable corvée ». Nicole d’ALMEIDA et Thierry LIBAERT*.

 

Aujourd’hui, les effets néfastes sur la santé du salarié sont bien réels alors que la prise de conscience de l’existence même de cette « maladie » est très nouvelle, voire inexistante dans certaines entreprises. Ainsi un groupe d’étudiants de l’IAE sont actuellement en train de créer un guide pratique à destination des salariés pour savoir comment réagir face à l’infobésité. Nous vous présenterons ce guide dans quelques semaines.

*Nicole d’ALMEIDA et Thierry LIBAERT (2007), La communication interne d’entreprise

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